CONCLUSION

 

 

Cette conclusion va me permettre de récapituler et résumer quelques points essentiels. Il peut sembler étrange que j'ai voulu concevoir ce programme malgré mon dégoût affiché pour le monde politique. Je conviens que cette idée puisse sembler paradoxale, mais éprouver du dégoût pour certains politiciens ne veut pas dire en éprouver pour la politique que je considère comme un sujet noble.

 

Chacun d'entre nous fait d'ailleurs de la politique sans même en avoir conscience. Par exemple, lorsque nous critiquons un gouvernement qui plutôt que prendre telle mesure, aurait mieux fait d'en choisir telle autre, c'est déjà bel et bien de la politique. Il n'existe de toute façon que deux possibilités de faire évoluer la société : l'action politique, ou la révolution armée. Personnellement, je ne suis pas partisan de la violence et si nous sommes trop résignés (ou trop passifs) pour être assez nombreux à défendre nos intérêts par les urnes, inutile de rêver pouvoir l'être derrière des barricades.

 

S'il est vrai que le vote blanc ou l'abstention permettent de dire clairement qu'aucun programmes ne nous convient, tant que d'autres voteront nos soi-disant représentants continueront d'être élus en dépit du rejet par une majorité de la population. Finalement, s'abstenir ou voter blanc revient à être complice de la continuelle alternance UMP / PS, en ne faisant rien pour la stopper. Un proverbe dit "les absents ont toujours tort" et la situation lamentable d'aujourd'hui en est la démonstration. Lorsque nous refusons cette "fatalité", la seule alternative possible est de nous impliquer de manière active ! C'est exactement comme lorsque nos toilettes sont bouchées. On peut bien sûr se contenter de contempler le désastre, ou grogner après les enfants qui ont jeté tout le bloc de papier dans la cuvette. Mais si on veut y remédier, même si ça nous répugne, il y a pourtant bien un moment ou il faut y plonger la main !

 

Si nous pensons qu'espérer pouvoir sortir du cadre dans lequel nous sommes enfermés serait illusoire, c'est uniquement parce que nous sommes conditionnés à ne pas essayer de raisonner autrement. Ce formatage est tel que nous ne pouvons imaginer obtenir le changement qu'en votant tantôt pour l'UMP, tantôt pour le PS. C'est pitoyable, mais il en est malheureusement ainsi. Pourtant, combien rêvent d'une France à leur image, gouvernée par des citoyens qui leur ressemblent, avec un projet de société fondé sur le bon sens, l'équité et le respect des valeurs humaines, morales et sociales ?

 

Alors, pourquoi ne parvenons-nous pas à nous faire entendre et exiger les changements qui s'imposent ? Tout d'abord parce que nous avons trop tendance à céder à la facilité et que dans tous les domaines, y compris en politique, nous avons pris l'habitude de nous comporter uniquement en "consommateurs" plutôt qu'en "acteurs". Pire, plutôt que d'essayer de nous forger notre propre opinion, nous préférons adopter les idées toutes faites colportées par les médias.

 

Les propositions que vous avez lues peuvent se résumer à quatre idées directrices :

- Développer un nouveau modèle économique, fondé sur des entreprises autogérées (coopératives et sociétés citoyennes), qu'on pourrait qualifier d'économie d'intérêt collectif et favoriser l'achat par les consommateurs de produits fabriqués localement.

- Développer la démocratie participative et encadrer l'action des politiciens. Mettre hors d'état de nuire ceux qui sont corrompus et dissuader les autres de se laisser corrompre .

- Sauvegarder notre planète par des pratiques plus respectueuses de l'environnement.

- Au niveau international, user de toute notre influence pour passer d'une société de la surconsommation et du profit maximum (au détriment du plus grand nombre), à une société plus équitable, plus solidaire, plus humaine et plus respectueuse de la planète (profitable à tous).

 

Certes, un tel projet peut sembler bien utopique, mais souvenons nous de la citation de Théodore Monod "L'utopie n'est pas l'irréalisable, mais seulement l'irréalisé", ou celle de Sénèque "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles". Peut-être les idées de ce livre seront-elles un jour d'actualité, mais en attendant il faudra faire avec ce qui existe (c'est-à-dire avec les partis en place), car il y a urgence. Alors, dans notre paysage politique, de qui pourrions-nous espérer une quelconque amélioration ? Continuer à parler de partis de gauche, de droite, d'extrême gauche, d'extrême droite est devenu complètement ridicule car ça ne correspond plus en rien aux réalités d'aujourd'hui.

 

Il y a maintenant d'un côté les partis au service du système néolibéral (LR, PS, MODEM et UDI), totalement soumis aux lobbies industriels et financiers et incapables d'imaginer un autre modèle. Maîtres dans l'art de la langue de bois et indifférents à la misère et au désespoir du peuple, ils sont prêts à toutes les lâchetés pour satisfaire leurs puissants amis. Espérons que ceux qui avaient encore quelques doutes auront enfin compris qu'il n'y a pas plus de changement, autre que négatif, à attendre des uns que des autres et qu'on ne peut compter sur eux pour en finir avec ce système.

 

D'un autre côté, nous avons des partis qui disent refuser ce système néolibéral et dont les programmes peuvent laisser espérer qu'ils soient réellement au service du peuple. Il y a tout d'abord ceux que certains qualifient d'extrêmes et populistes (Front de Gauche d'un côté et Front National de l'autre), mais qui n'ont en réalité d'extrême que le fait de refuser ce système. Utiliser ces qualificatifs est en fait une manipulation facile de la part des autres partis pour effrayer les électeurs.

 

Il y a aussi Europe Écologie Les Verts qui propose également un autre modèle de société. Ce parti mériterait de meilleurs scores, car nous comprendrons probablement trop tard, comme d'habitude, à quel point protéger la nature est essentiel pour l'avenir de l'humanité et de la planète dans son ensemble. Malheureusement, on peut craindre que ce parti ait perdu de sa crédibilité lors des élections de 2012, en s'alliant au PS qui ne manifestait aucune volonté sérieuse en matière d'environnement.

 

Il existe encore d'autres partis plus petits tels que le Nouveau Parti Anticapitaliste ou Lutte Ouvrière, voire divers mouvements à ce point insignifiants que leurs noms ne méritent même pas d'être mentionnés. Mais leurs scores électoraux sont tellement ridicules qu'ils n'ont pas la moindre chance et qu'on peut se demander s'ils ne sont pas là uniquement pour diviser encore un peu plus ceux qui envisagent un vote qui permettrait d'en finir avec les partis à la solde du système néolibéral.

 

Intéressons-nous plus particulièrement aux deux seuls mouvements qui auraient la capacité de chasser du pouvoir ceux qui s'y sont succédé ces 40 dernières années (avec pour résultat la situation lamentable d'aujourd'hui). Si le Front de Gauche et le Front National faisaient peur aux citoyens il y a encore très peu de temps, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. Dans l'esprit des français, Front de Gauche n'est plus forcément synonyme de stalinisme, pas plus que Front National n'est synonyme de fascisme.

 

Toutefois, en persistant à s'agresser et à se décrédibiliser mutuellement sur les plateaux de télé, ils réduisent considérablement leurs chances de succès. Je peux comprendre cette stratégie, dans la mesure où, tous deux s'adressant à des électeurs mécontents, ils espèrent ainsi récupérer une partie de ceux du camp adverse. Peut-être cela pourrait-il être le cas, mais au final c'est une grossière erreur dont les effets sont autodestructeurs. Tout d'abord, parce qu'une grande partie de leurs électeurs potentiels, mais encore hésitants, finiront par se laisser convaincre par les attaques de l'un comme de l'autre et préfèreront alors renoncer à voter tant pour l'un que pour l'autre.

 

Mais le plus grave c'est que, de toute évidence, ils auraient l'un comme l'autre bien plus de chances d'arriver au pouvoir s'ils étaient face à face au second tour d'une élection. D'autant qu'il serait pour le moins fantaisiste d'imaginer que des militants Front National puissent se résoudre à voter Front de Gauche et inversement. Seuls des sympathisants pourraient éventuellement voter indifféremment pour l'un ou l'autre, juste pour sortir de la perpétuelle et catastrophique alternance UMP / PS. Plutôt que continuer à s'agresser mutuellement, il serait sans doute plus judicieux de concentrer leurs attaques vers leurs ennemis communs (UMP, PS, MODEM et UDI). Ce n'est qu'ainsi qu'ils pourraient avoir une chance de se trouver face à face au second tour.

 

On peut comprendre qu'ils veuillent souligner leurs points de divergences (en particulier immigration). Mais sans doute devraient-ils aussi avoir la décence d'admettre qu'en bien de très nombreux domaines, ils ont des propositions très proches, pour ne pas dire identiques (plus de fermeté vis-à-vis de l'Union Européenne, plus de souveraineté et de protectionnisme, en finir avec le pouvoir absolu de la finance et les dérives de l'économie néolibérale, ré-industrialisation, soutien plus important aux PME, emplois, logement, santé, etc.). Qu'ils aient alors au moins l'intelligence de ne pas se tourner mutuellement en dérision sur ces sujets. Un électorat nombreux, parmi ceux qui ne militent pas mais veulent pourtant le changement, est plus sensible au débat apaisé dans le respect mutuel, qu'au mépris et à l'arrogance.

 

Ensemble, les partis de droite comme de gauche nous alertent sur les risques d'un vote FN qui serait, selon eux, comme ouvrir la boite de Pandore. Ils voudraient nous faire croire que ceux qui font ce choix sont irresponsables, racistes et encore bien d'autres qualificatifs. Est-ce vraiment le cas ? NON ! Ils sont seulement désespérés et révoltés. Mais, que le FN représente ou non un danger, personne ne pose la bonne question : Pourquoi les électeurs sont-ils de plus en plus nombreux à voter FN et surtout qui sont les vrais responsables de ce vote ? Voila la vraie question et la réponse est évidente.

 

Les premiers responsables sont, bien entendu, ceux qui se sont succédé au pouvoir au cours des quarante dernières années, qui n'ont cessé de nous mentir et de trahir à la fois le peuple et leurs promesses électorales. Ensuite, les médias qui ont tant insisté sur la dédiabolisation du FN. Mais, sont également responsables les leaders de mouvements tels que Front de Gauche, Europe Écologie Les Verts, le Nouveau Parti Anticapitaliste et Lutte Ouvrière qui ont préféré abandonner l'idée d'un large mouvement d'union, plutôt que renoncer à leurs propres candidatures et qui se sont révélé incapables de négocier un accord, pour ne pas avoir à faire les concessions nécessaires.

 

Si le FN est aussi dangereux qu'ils veulent bien le dire, alors il est de leur devoir de faire taire leur égo et de constituer ensemble une force d'opposition à la fois au système et au FN. Sans doute seraient-ils aussi bien inspirés de tenter de rallier à leur cause les "frondeurs" déçus du PS. Seul un rassemblement de cette ampleur pourrait faire barrage au FN. S'ils ne le faisaient pas, ils seraient alors les premiers responsables de l'arrivée au pouvoir de ce parti qu'ils dénoncent pourtant avec tant de virulence ! Quoi qu'il en soit, rien, NON, ABSOLUMENT RIEN ne serait pire que laisser se poursuivre cette continuelle alternance des partis au service du système néolibéral !

 

Vous en doutez encore ? Alors, regardez où nous ont conduit ces partis qui se sont succédé au pouvoir, UMP, PS, MODEM, UDI (ou quelque soit les noms qu'ils aient porté dans le passé, ou porteront dans l'avenir). Rappelez-vous ce qu'ils nous ont promis d'élection en élection et regardez où nous en sommes aujourd'hui… Nous savons parfaitement qu'ils ne tiendront pas d'avantage leurs promesses demain qu'ils ne l'ont fait hier.

 

Une large majorité de français attend un véritable changement, espérons que ceux qui avaient encore quelques doutes auront enfin compris qu'il n'y a pas plus de changement, autre que négatif, à attendre du PS que de l'UMP. Désormais les votes pour un Front de Gauche qui serait élargi aux mouvements cités plus haut, ou pour le Front National représentent les seules alternatives qui permettraient d'en finir à très court terme avec une politique dont nous sommes victimes depuis trop longtemps et que nous ne supportons plus.

 

Pollution, corruption et magouilles, loi du profit maximum, exploitation à outrance des hommes et des ressources naturelles, injustices sociales, précarité et misère en constante progression. Tout, tout de suite, toujours plus, toujours plus vite. Nous observons désespérés l'évolution de cette société décadente en étant tous parfaitement conscients qu'elle court à sa perte. Nous avons le sentiment de vivre dans un monde devenu fou, gouverné par des fous, mais nous continuons de faire semblant de ne rien voir.

 

Vous l'aurez compris, ce livre est celui d'un homme en colère, comme tant d'autres. En colère avant tout contre un système où les "milieux" de la finance et des lobbys règnent désormais en maîtres absolus. Contre un système injuste et inhumain qui permet à 1% des habitants de la planète (les plus riches) de détenir plus de la moitié de la richesse mondiale et qui voudraient nous faire accepter comme normal que 9.000.000 d'êtres humains puissent encore mourir de famine chaque année, dont un enfant toutes les 5 secondes. En colère également contre la lâcheté, de ceux qui se sont succédé au pouvoir et se sont conduit en serviteurs zélés de ce même système.

 

En colère contre certains élus qui sont une véritable honte pour la classe politique. Comme ceux qu'on a pu voir sur des photos qui ont fait le tour des réseaux sociaux. Je pense par exemple à celle où on voit des députés ou sénateurs vautrés sur leurs banquettes en train de roupiller (certains étant même carrément allongés), ou celle où on en voit jouer sur leurs tablettes en pleine séance. Ou encore, d'autres images sur lesquelles on voit les bancs de l'hémicycle trop souvent aux 3/4 vides. Voila qui démontre clairement à quel point ils se soucient de défendre les intérêts du pays et de leurs électeurs. Quand on pense que ces gens sont payés avec l'argent de nos impôts, c'est carrément un manque de respect, un bras d'honneur fait aux citoyens. Et on ose appeler ça des représentants du peuple… Vous vous sentez vraiment représentés, vous ? Moi pas du tout !

 

Mais il y a bien pire encore. Je pense à certains dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne se sont pas illustrés par une honnêteté irréprochable. Lorsque des représentants du peuple sont condamnés pour des délits tels que corruption, trafic d'influence, détournements de fonds, abus de biens, sociaux et autres faits parfois encore bien plus graves, commis durant un mandat, ne devraient-ils pas être inéligibles à vie ? Ces crapules comme Pasqua, Balkany, Tibéri, Juppé, Carignon, Destrade, Dugoin et tant d'autres ont-ils seulement été exclus de leur parti ou au minimum des têtes d'affiche de leurs partis ? Non, même pas ! Quant à Harlem Désir, qui fut lui aussi condamné en justice, loin d'en être exclu, il est même devenu 1er secrétaire de son parti. N'oublions pas non plus Jérôme Cahuzac qui a fait le bonheur des médias et des humoristes.

 

C'est dire l'importance qu'on accorde à la moralité en politique. Peut-on prétendre pour autant qu'ils soient tous pourris ? Bien sûr que non, mais ce sont des gens comme eux qui déshonorent la politique et jettent le discrédit sur l'ensemble de la classe politique. Alors, si les politiciens veulent retrouver respect, confiance et crédibilité de la part du peuple, peut-être seraient-ils bien inspirés de commencer par faire le ménage chez eux, plutôt que de trouver scandaleux d'être tous mis dans le même sac.

  

Autre sujet de ma colère, la manipulation de l'opinion publique, spécialité des grands médias et à travers eux toujours de ce même système omniprésent qui contrôle aussi les médias les plus importants. Leur rôle aujourd'hui n'est plus tant d'informer que de colporter la pensée unique et nous conditionner à accepter, sans même réfléchir, les idées toutes faites. Prenons l'exemple d'émissions dans lesquelles on voit toujours les mêmes analystes, politologues ou économistes.

  

Ces gens prétendument compétents nous débitent des affirmations qui en réalité ne reposent sur rien, sans jamais fournir le moindre argument. Bernard Maris disait d'ailleurs lui-même avec humour de sa profession "Un économiste c'est quelqu'un dont la compétence se limite à savoir vous expliquer le lendemain pourquoi il s'était trompé la veille". S'agissant de gens sensés savoir de quoi ils parlent, on ne pense même pas à vérifier le bien fondé de ce qu'ils affirment. Je vais vous en donner 3 exemples :

 

Premier exemple : On entend constamment dire qu'il faut ménager les très riches (je parle uniquement des plus grosses fortunes) parce que ce serait soi-disant eux qui créent la richesse du pays et font tourner l'économie. Prétendre qu'ils créent la richesse du pays et qu'ils font tourner l'économie suppose trois conditions. Qu'ils investissent prioritairement dans des entreprises qui créent des emplois en France, qu'ils achètent français et qu'ils paient des impôts réellement en rapport avec ce qu'ils gagnent. Voyons ce qu'il en est en réalité.

- Tout d'abord, ces privilégiés placent-ils leurs capitaux en France ? Il est probable que pour une partie de leurs capitaux ce doit être le cas, mais c'est alors généralement dans des entreprises du CAC 40, donc le plus souvent celles qui délocalisent et licencient. Il est tout aussi probable qu'une autre partie est investie à l'étranger. De plus, l'essentiel de leurs investissements est désormais orienté d'avantage vers la finance et la spéculation que vers l'industrie et la production seules créatrices d'emplois.

- Voyons alors ce qu'il en est de leurs achats, qui vont le plus souvent vers des produits de luxe. Excepté en matière de mode, haute couture et autres sacs Vuitton (ce qui ne profite qu'à un petit nombre d'entreprises employant peu de personnel), leurs achats vont en réalité plutôt vers des entreprises étrangères. Il suffit pour s'en convaincre de regarder dans quelles voitures ils circulent, Rolls Royce, Ferrari, Porsche, Mercedes, BMW, Audi… Rien de très français dans tout ça !

- Jusque là, pas vraiment convaincante la théorie selon laquelle ils créeraient la richesse du pays. Peut-être y contribuent-ils alors par leurs impôts ? Nous savons tous qu'ils ont une armée de conseillers financiers et autres avocats fiscalistes, grâce auxquels ils ne paient qu'un minimum d'impôts (certains se sont même vantés de ne pas en payer du tout). Pire encore, grâce au bouclier fiscal de Sarkozy, le fisc a reversé à certains plusieurs dizaines de millions. N'oublions pas leurs sports préférés, l'optimisation, l'évasion et l'exil fiscal. Alors, peut-être paient-ils quand même beaucoup d'impôts, mais qui restent sans aucun rapport avec les fortunes qu'ils brassent.

 

Croyez-vous vraiment que ce sont eux qui créent la richesse du pays et font tourner l'économie ? Moi, je pense que s'il reste vrai qu'ils contribuent à faire tourner l'économie, c'est dans des proportions bien moindre qu'on voudrait nous le faire croire et ça n'apporte en tout cas RIEN aux français de base que nous sommes. Tout au plus, enrichissent-ils (en circuit fermé) leurs semblables, les très riches.

 

Mon second exemple concerne la dette : Au chapitre précédent (pages 126 et 127), j'ai mentionné l'exemple islandais et les nécessaires adaptations pour pouvoir nous en inspirer en France. À cette occasion, j'évoquais également la nécessité de pouvoir emprunter directement à une Banque Centrale (donc recourir à la planche à billet), au besoin en sortant de la zone Euro, plutôt que continuer d'emprunter à des banques privées. Nos brillants économistes nous prédisent alors une véritable catastrophe liée aux risques d'inflation et de dévaluation.

Une fois encore, ils ne fournissent pas le moindre argument, alors essayons d'y réfléchir. Pour l'instant, nous empruntons bien aux banques privées et il n'y a ni inflation, ni dévaluation. Je n'ai certes pas leur compétence, mais j'aimerais bien qu'ils nous expliquent en quoi le fait d'emprunter un montant identique à une Banque Centrale, à taux zéro, comporterait plus de risques d'inflation ou dévaluation qu'emprunter auprès de banques privées à des taux plus élevés. De plus, une légère dévaluation ne pourrait être que bénéfique, dans la mesure où elle nous permettrait d'exporter d'avantage.

 

Dernier exemple de manipulation par les médias, l'utilisation abusive de termes dont ils ont dénaturé la signification. Tout ce que vous avez pu lire sur ce site, les médias le qualifieraient de discours démagogique ou populiste. Ouh là, populiste… Avez-vous remarqué la façon dont ils utilisent cette expression ? On dirait presque que c'est un gros mot sensé faire peur. Alors, j'ai voulu en avoir le cœur net et j'ai cherché la définition précise. Dans le Petit Larousse on peut lire : populisme, du latin populus, peuple. Tendance politique visant à défendre les intérêts du peuple. Attitude consistant à prôner le recours au peuple et à se réclamer de ses aspirations profondes.

Sur le Web, j'ai trouvé une autre définition : mouvements politiques qui se réfèrent au peuple, par opposition à l'élite des gouvernants, au grand capital, aux privilégiés ou à toute minorité ayant accaparé le pouvoir et accusés de trahir les intérêts du peuple. Ah bon, c'est ça être populiste, vouloir défendre les intérêts du peuple ? Alors, pourquoi un tel mépris lorsqu'ils utilisent ce mot ? En ce qui me concerne, si c'est ça être populiste, je ne vois aucune raison d'en éprouver la moindre honte, je trouve au contraire ce qualificatif plutôt flatteur !

  

Dernier sujet de ma colère, ces citoyens trop nombreux qui, ne cessant de se plaindre, refusent pourtant de regarder plus loin que le bout de leur nez. Formatés à ne pas trop réfléchir, ils répètent sans cesse le même scénario en continuant de voter tantôt pour l'UMP, tantôt pour le PS, tout en sachant que l'un comme l'autre ne feront qu'aggraver leurs conditions de vie. Albert Einstein disait "La folie, c'est de toujours se comporter de la même manière, mais de s'attendre à un résultat différent". Même le plus stupide des animaux n'emprunterait pas autant de fois un même chemin qu'il sait ne mener nulle part et le mettre en danger !

 

Avant de conclure, quelques chiffres qui devraient vous inciter à réfléchir.

- Chaque année, comme je l'ai déjà souligné à de nombreuses reprises, la famine tue 9.000.000 d'êtres humains dans le monde (dont 1 enfant toutes les 5 secondes). Et encore, c'est sans compter les 1.020.000.000 qui, eux, ne souffrent "seulement" que de malnutrition, dont tout de même 2.000.000 en France...

- Depuis 2011, nous avons dépassé les 8.700.000 français (14,3% de la population) vivant sous le seuil de pauvreté qui se situe aux environs de 900 € et encore, parmi eux beaucoup ne bénéficient que des minimas sociaux, soit moins de 500 €. Dans le même temps, l'Union Européenne a décidé de réduire de 75% en 2012 l'aide alimentaire qu'elle verse aux associations caritatives.

- Il y a en France entre 15 % et 30 %, selon les sources, de gens qui n'ont même plus les moyens de se soigner lorsqu'ils sont malades.

- Et pour finir, en 2014 nous avons dépassé en France les 3.364.000 chômeurs (plus de 10% de la population active), si l'on tient compte uniquement de la catégorie A et seulement sur la métropole. Mais ce chiffre dépasse les 5.000.000 si on inclut ceux des catégories B et C, en ajoutant les DOM TOM. Visiblement le chômage progresse mieux que le pouvoir d'achat...

 

Le message que j'ai voulu transmettre c'est que nous avons pourtant le choix. Nous pouvons essayer de nous persuader que nous ne risquons pas de faire partie de ces statistiques et que nous avons bien le temps d'y penser, alors que pourtant il y a urgence. Nous pouvons continuer de faire semblant de croire qu'un jour ceux qui nous gouvernent auront le courage de dire STOP à la chancelière allemande, aux anglo-saxons, au FMI , au MEDEF et aux banquiers. Nous pouvons continuer de voter tantôt pour l'UMP, tantôt pour le PS, ou encore nous abstenir ou voter blanc, tout en sachant que ça ne changera rien. Nous pouvons feindre d'ignorer que cette société du "toujours plus", de la surconsommation, du gaspillage et de la pollution qui en résulte, représente un risque de catastrophe à bien plus court terme que le réchauffement climatique, notamment sur le plan des besoins en ressources alimentaires.

 

Mais nous pouvons aussi prendre conscience des dérives de cette société et imaginer ce que sera l'avenir de nos enfants si nous ne faisons rien. Nous pouvons prendre conscience encore que le temps presse, car nos prédateurs (néolibéraux, finance internationale, lobbys et politiciens à leur service) accélèrent la signature d'accords et traités qui rendront très difficile une éventuelle sortie du système dans lequel ils sont en train de nous enfermer. Il ne dépend que de nous de décider alors que, face à l'urgence de la situation, même si ça devait ne servir à rien, nous devons au moins ESSAYER d'agir !.

Nous pouvons, comme l'ont fait les islandais ou les italiens avec le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, ou encore les espagnols avec Podemos, dire aux politiciens collabos du néolibéralisme : cette fois ça suffit, désormais vous allez devoir tenir compte de la volonté du peuple. Nous pouvons aussi renvoyer banques, agences de notation et lobbys divers au rôle qui est le leur, celui d'agents économiques et non de gouvernants. Nous pouvons dire aux uns et aux autres : NON, ce n'est pas à vous de gouverner le monde, c'est aux citoyens de décider dans quel monde ils veulent vivre !

 

Ce que sera demain ne dépend que de notre capacité à nous mobiliser et de notre détermination. "Donnez moi un levier et je soulèverai le monde", disait Archimède. Lorsque les citoyens auront compris que la solidarité et la détermination sont les leviers qui permettraient, non pas de soulever, mais simplement de changer le monde, alors, l'humanité aura fait un grand pas en avant !

 

Ensemble nous avons le pouvoir de tout changer. Osons le faire !

Pour finir, je ne saurais trop vous conseiller quatre excellents films. Le premier traitant des dommages que nous causons à la planète. Le second consacré à la misère dans le monde et au fait qu'en sortir ne dépend que d'un minimum de bonne volonté. Le troisième consacré aux pratiques scandaleuses et dangereuses de la firme Monsanto. Enfin le dernier consacré à la polution, au saccage de la planète et aux risques qui en découlent :

- "Nos enfants nous accuserons" Film de Jean-Paul Jaud

- "La fin de la pauvreté ?" Film de Philippe Diaz, chez Arté édition

- "Le monde selon Monsanto" Film de Marie-Monique Robin, chez Arté édition

- "Toujours plus" Film de Yann Arthus-Bertrand, série de reportages "Vu du Ciel" (épisode 9)


 

J'ai mis dans ce livre toute mon énergie, toute ma conviction et tous mes espoirs,en espérant ainsi contribuer
à déclencher l'élan nécessaire à la naissance d'un nouveau modèle f
ondé exclusivement sur

l'ÉquitÉ et le respect.

Respect de la planète

Respect de l’être humain et du peuple

Respect des valeurs humaines, morales et sociales

Respect de la parole donnée et des promesses électorales

 

 

Pour qu’une minorité cesse de s’enrichir sur le dos d’une majorité de pauvres.

 

 

Pour que notre devise :

LibertÉ ÉgalitÉ FraternitÉ

puisse enfin retrouver tout son sens et que les mots qui la composent ne soient plus jamais bafoués
et foulés au pied comme ils le sont de plus en plus souvent.


"L'utopie n'est pas l'irréalisable, mais seulement l'irréalisé"

Théodore Monod

 

 

OSER UN CHOIX INCERTAIN reste toujours prÉfÉrable À la certitude d'un avenir sans espoir